L’acceptation de soi au travers des phases de la vie : L'enfance

 

L’acceptation de soi au travers des phases de la vie : L'enfance

par Dominique Rainville

L’acceptation de soi et de son corps est selon moi un long chemin loin d’être linéaire. Un chemin parsemé de moments paisibles où l’on est en harmonie avec notre corps, notre esprit, notre « être ». Puis, il y a d’autres moments plus cahoteux, remplis de doutes, de discours négatifs et de pensées limitantes.

Au travers des années qui passent et qui ne se ressemblent pas, j’ai remarqué, voire même accepté, que des fois, je me sens bien d’être qui je suis dans cette enveloppe corporelle qui est le mienne. Puis, à d’autres moments, certaines phases de la vie me « rentrent dedans » et alors ce corps qui m’accompagne me plaît moins. Et oh! comme j’aimerais le changer, et/ou l’améliorer!

Dans cette série de trois articles, je vous propose une réflexion sur ce chemin de l’acceptation de soi au travers des différentes phases de la vie.

Commençons par le début : l’enfance. Ce moment où, normalement, notre apparence physique ne devrait pas avoir d’importance. Cette étape de la vie où nous découvrons le monde, les autres qui nous entourent, où nous entrons à l’école et jouons avec nos amis. Cette phase de la vie qui devrait être naïve, simple et légère. 

Récemment, en fouinant sur le site de l’organisme ÉquiLibre, je suis tombée sur des chiffres qui m’ont attristée.

Saviez-vous que 45% des jeunes de 9 ans se disent insatisfaits de leur silhouette?1

Presque la moitié de nos jeunes se préoccupent de leur corps…

Quelles en sont les raisons? Quelles sont les pistes de solutions qui nous aideraient à diminuer ce chiffre et qui pourraient aider nos jeunes à être fiers de leur corps et de ce qu’il leur permet de vivre et d’accomplir?

Je ne ferai pas le procès des réseaux sociaux encore une fois. Mais il est évident que ceux-ci exercent une certaine influence. Mais de mon côté, j’aimerais plutôt offrir d’autres pistes de réflexions.

Des commentaires qui blessent

Parfois en voulant être positif, optimiste, et sans mauvaise intention, le message que nous envoyons à notre entourage accorde de l’importance à l’apparence physique. « Wow, tu as perdu du poids, tu es donc ben belle! ». Sans qu’on s’en aperçoive, ce « compliment » laisse sous-entendre à ceux à qui il est destiné que c’est en perdant du poids que l’on devient belle. Même s’il est rare que nous fassions ce genre de commentaires à nos jeunes, le simple fait de le dire devant eux leur envoie le message qu’on est plus beau en étant mince.

Avez-vous déjà vécu cette fameuse situation, où votre enfant pointe une personne du doigt et vous demande pourquoi cette personne a une grosse bedaine? Je peux vous confirmer que je l’ai vécue! Heureusement, avant de vivre cette situation, j’ai eu la chance de lire un article de blogue de Mickaël Bergeron qui racontait avoir vécu cette situation mais en étant placé du côté du gars à la grosse bedaine. Ce qui l’avait blessé à ce moment n’était pas la question de l’enfant. Après tout, avec sa question, l’enfant n’exprimait pas que le fait d’avoir une bedaine était beau ou laid, bien ou mal. C’est plutôt la réponse du parent qui l’a mis mal à l’aise : « On ne dit pas ça c’est méchant… » En d’autres mots, « Être gros, c’est mal ».

Je m’étais donc préparé une réponse toute prête pour ne pas être prise au dépourvu lorsque, en tant que parent, mon tour viendrait! « Tu sais, il y a des gens de différentes couleurs, de différentes grandeurs, avec des cheveux rouges, blond ou brun. Cette personne-ci a un ventre, et l’autre, a de longs cheveux. Les gens sont différents.»

Sans mettre le blâme sur les parents, nous montrons tout de même l’exemple à tous les niveaux. Lorsque nous disons à nos enfants que nous les trouvons beaux, ce qui est évidemment d’une importance primordiale, nous devrions aussi mettre l’emphase sur le fait que leur corps est fort, agile, que leur corps leur permet de jouer au soccer ou de grimper en haut du mur d’escalade.

Si, en tant qu’adulte, nos enfants nous entendent critiquer notre corps, ne pas accepter les compliments, nous voient faire des régimes à répétitions, etc., le message que nous leur véhiculons est celui que les gens qui sont les plus importants à leurs yeux, leurs propres parents, ne se trouvent eux-mêmes pas beaux. Donc pourquoi, moi, l’enfant, je serais beau?

En étant plus indulgents envers nous-mêmes, nous montrons à nos enfants qu’ils peuvent l’être envers eux, et qu’au-delà de leur apparence physique, le corps est une machine incroyable qui leur permet de vivre pleinement leur vie!

 

Dominique Rainville
Kinésiologue, Kinésithérapeute
www.dominiquerainville.com

 


À propos de Dominique

Depuis plusieurs années déjà, Dominique Rainville, kinésiologue, professeure de yoga et de spinning, travaille dans le domaine de la santé. Elle a eu l'occasion de rencontrer des gens dans différents contextes ; l'entraînement, la thérapie manuelle, les cours et la formation continue. Du discours de ces gens rencontrés, deux éléments principaux ressortent. D'abord, l'obligation de DEVOIR s'entraîner pour différentes raisons comme, perdre du poids, pour être en santé ou pour développer la force musculaire. Le deuxième point soulevé est celui de la culpabilité. Celle de ne pas en faire assez, de ne pas être à la hauteur ou de ne pas persévérer. Sentiment vécu autant dans l'activité physique que dans la vie quotidienne! Ce joint à tout ça le manque de plaisir à l'entraînement, « je n'aime pas ça, mais il faut que je le fasse. » S'ensuit alors baisse d'estime de soi, manque de confiance et perte de motivation. Un cycle qui s'enclenche et difficile à arrêter. L'idée de Dominique? Tenter de voir l'activité physique différemment. Si, à la place de faire les choses par obligation, nous trouvions ensemble une activité qui fait du bien tout simplement, peu importe le nombre de calories dépensées? Peu importe l'effort fourni? L’objectif de ce projet est de (re)donner l’envie aux gens de bouger pour les bonnes raisons. De bouger dans le plaisir et la joie pour cheminer vers l’acceptation de soi.

Pour rejoindre Dominique

www.dominiquerainville.com
https://www.facebook.com/dominiquerainvillekinesiologue/
https://www.instagram.com/dominique.rainville/


Référence

1. Ledoux, M., Mongeau, L., et Rivard, M. (2002). « Poids et image corporelle », dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois 1999. Institut de la statistique du Québec, chap. 14, p. 311-44

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