L’acceptation de soi au travers des phases de la vie : L'adolescence

 

L’acceptation de soi au travers des phases de la vie : L'adolescence

par Dominique Rainville

Le parcours vers l’acceptation de soi varie selon l’âge et les différentes étapes de la vie. De l’enfance à l’âge adulte, plusieurs facteurs influencent la façon dont nous ressentons notre corps et la fierté perçue face à lui.

Dans l’article précédent, nous avons exploré différentes pistes pour accompagner nos tout-petits dans l’appréciation de leur corps. À ce niveau, l’emphase était mise sur ce que le corps permet d’accomplir et sur la prévention des problèmes liés à une mauvaise image corporelle potentielle.

Aujourd’hui, nous parlerons de l’adolescence.

Ah la fameuse adolescence! Personnellement, je suis maman d’un petit garçon et d’une petite fille et je redoute déjà cette étape de la vie. Mes appréhensions ne tournent pas autour du développement de l’autonomie lié à l’adolescence, mais plutôt autour du moment où les adolescents se comparent, se jugent sévèrement et tentent alors d’entrer dans la norme pour être plus acceptés. Et contrairement à ce que l’on peut penser, je redoute ce moment autant pour ma fille que pour mon garçon. À ce propos, des études démontrent justement que de plus en plus de garçons ont des préoccupations similaires aux filles à l’adolescence.1

Si vous avez lu les billets précédents, vous savez que j’ai comme préoccupation l’acceptation de notre corps, tel qu’il est. Je souhaite que, lorsque mes enfants auront atteint cette étape de la vie où le corps change rapidement, qu’ils soient bien dans leur corps et qu’ils l’apprécient pour toutes les merveilleuses expériences vécues grâce à celui-ci. Et ce, peu importe ce que les médias et la société véhiculeront comme standards de beauté.

Je reste cependant consciente que plusieurs facteurs externes au noyau familial (les intervenants scolaires, les amis, les médias, etc.) peuvent influencer leur relation au corps. Je propose justement que nous échangions sur la manière dont nous pourrions prévenir une mauvaise perception du corps et aider nos ados à se sentir bien.

Pour débuter, voici quelques statistiques qui font réfléchir (lire ici : qui font peur!):

71% des adolescents déclarent « faire quelque chose » concernant leur poids:

- 34% contrôle leur poids ;
- 25% essaie de perdre du poids ;
- 12% essaie due gagner du poids2.

À cette étape de la vie où le seul fait d’avoir à choisir ce que nous allons porter comme vêtements pour se rendre à l’école est difficile, imaginez comment ce simple choix peut devenir un énorme défi lorsque nous ne sommes pas bien dans notre corps.

Qu’est-ce que l’image corporelle?

Il n’est pas nécessairement évident de définir clairement ce qu’est l’image corporelle car plusieurs aspects doivent être pris en considération. En voici un qui me plaît bien :

« L’image corporelle correspond à la perception qu’une personne a de son propre corps et à ce qu’elle croit que les autres perçoivent de son apparence. »3

L’image corporelle peut être influencée d’après l’importance que nous accordons à différents aspects de cette image. Par exemple, si j’accorde plus d’importance à mon apparence physique qu’à ma santé, mes critères d’image corporelle ne seront pas les mêmes que si c’était l’inverse. De même que dans mon propre corps, je ne me sentirai pas de la même façon si j’accorde davantage d’importance à mon apparence physique qu’à ma santé.

Nous savons que les changements rapides du corps lors de la puberté peuvent engendrer de la détresse chez l’adolescent, selon son sexe et son âge. Chez les filles, la puberté correspond aux courbes qui augmentent de même que la masse adipeuse (le gras). Ces changements physiques sont loin des standards de beauté qui encouragent plutôt des silhouettes minces et filiformes chez la femme. La façon dont nous accompagnons nos jeunes filles dans cette transformation de leur corps les affectera pour longtemps par la suite.

Quelques pistes de solutions

La qualité des relations familiales

Celle-ci joue sur l’estime de l’enfant. Un enfant ayant une bonne estime de lui sera moins affecté par le jugement des autres. Passer du temps avec les enfants et échanger avec eux sur ce que les médias nous renvoie comme standards de « beaux corps » est un très bon début. De mon côté, je leur présente des modèles inspirants ; des athlètes dont le corps n’est pas parfait selon les standards, mais qui réussissent dans leur discipline, des gens différents à plusieurs niveaux aux accomplissements extraordinaires et des gens présents dans notre entourage, qui n’ont rien d’extraordinaire, mais qu’on aime et qu’on admire, tout simplement.

La prévention

Sachant que nos enfants vont vivre de grands bouleversements corporels lors de l’adolescence, pourquoi ne pas simplement leur parler de la puberté et des changements auxquels ils feront face à cette étape? Partager avec eux comment nous avons vécu notre propre adolescence et comment, eux, ils voient la leur.

Prêcher par l’exemple

Nous avons déjà mentionné l’influence des parents en tant qu’exemples pour l’enfant. Il en est de même pour les adolescents. Si maman et papa suivent constamment des régimes ou commentent sans arrêt leur insatisfactions par rapport à leur corps, les enfants comprendront alors que ce comportement est normal et ils auront alors plus de chance de le répéter.

Reconnaître les signaux de faim et de satiété

Apprendre à nos enfants à reconnaître par eux-mêmes les signaux de faim et de satiété, au lieu de contrôler rationnellement ce qu’ils mangent, est aussi essentiel. Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase : « Mange toute ton assiette! Pense aux enfants qui n’ont rien à manger! »

Quelle absurdité car nous savons très bien que ce n’est pas en terminant notre assiette que nous aiderons un enfant démuni. Au contraire, en mangeant trop, l’enfant ne s’aide pas lui-même, et n’aide pas les autres non plus. Au lieu de le forcer à manger son assiette au complet, mettez l’assiette de côté et lorsqu’il aura faim à nouveau, vous pourrez lui servir ce qu’il reste. De cette façon, il apprendra à respecter son corps, sans gaspiller la nourriture. Il apprendra aussi que manger n’est pas cérébral, mais bien instinctif et que nous n’avons pas besoin de compter nos calories pour savoir si nous avons encore faim, ou non.

Plusieurs pistes ont été énumérées, mais toutes reviennent à l’essentiel… Apprendre à se respecter et à s’aimer tels que nous sommes en mettant l’accent sur ce qui est important : la santé, le plaisir, etc. Notre corps est fabuleux et nous permet de vivre pleinement!

 

 

Dominique Rainville
Kinésiologue, Kinésithérapeute
www.dominiquerainville.com

 


À propos de Dominique

Depuis plusieurs années déjà, Dominique Rainville, kinésiologue, professeure de yoga et de spinning, travaille dans le domaine de la santé. Elle a eu l'occasion de rencontrer des gens dans différents contextes ; l'entraînement, la thérapie manuelle, les cours et la formation continue. Du discours de ces gens rencontrés, deux éléments principaux ressortent. D'abord, l'obligation de DEVOIR s'entraîner pour différentes raisons comme, perdre du poids, pour être en santé ou pour développer la force musculaire. Le deuxième point soulevé est celui de la culpabilité. Celle de ne pas en faire assez, de ne pas être à la hauteur ou de ne pas persévérer. Sentiment vécu autant dans l'activité physique que dans la vie quotidienne! Ce joint à tout ça le manque de plaisir à l'entraînement, « je n'aime pas ça, mais il faut que je le fasse. » S'ensuit alors baisse d'estime de soi, manque de confiance et perte de motivation. Un cycle qui s'enclenche et difficile à arrêter. L'idée de Dominique? Tenter de voir l'activité physique différemment. Si, à la place de faire les choses par obligation, nous trouvions ensemble une activité qui fait du bien tout simplement, peu importe le nombre de calories dépensées? Peu importe l'effort fourni? L’objectif de ce projet est de (re)donner l’envie aux gens de bouger pour les bonnes raisons. De bouger dans le plaisir et la joie pour cheminer vers l’acceptation de soi.

Pour rejoindre Dominique

www.dominiquerainville.com
https://www.facebook.com/dominiquerainvillekinesiologue/
https://www.instagram.com/dominique.rainville/


Références

  1. Données mesurées de l’Enquête sur la santé dans les col- lectivités canadiennes, 2004, tirées de : Lamontagne, P. et Hamel, D. (2009). Le poids corporel chez les enfants et adolescents du Québec: de 1978 à 2005, Institut national de santé publique du Québec.
  2. Cazale, L., Paquette, M.-C. et Bernèche, F. (2012). « Poids, apparence corporelle et actions à l’égard du poids », dans L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Le visage des jeunes d’aujourd’hui: leur santé physique et leurs habitudes de vie. Tome 1, Québec, Institut de la statistique du Québec, p. 119-45.
  3. ÉquiLibre.ca
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