Le prix de la première place... ou le seul prix que je ne te souhaiterais jamais

 

par Sarah Beausoleil

Tu finis une compétition sportive et je te donne un prix de participation, tu te sens comment? Et si je remplace maintenant ce prix par le prix de la première place, ta réaction change? Est-ce que ça va affecter ton quotidien différemment? Te prépareras-tu à ta prochaine compétition de la même façon? Et si tu ne remportais pas le prix de la première place à ta prochaine compé?

Rivaliser contre ses compétiteurs dans le but d’être le meilleur est un moyen incomparable pour augmenter la motivation à l’entraînement. Elle se mesure par une fréquentation plus élevée de la salle ou terrain de sport, un temps consacré à chaque entraînement prolongé et une pensée récurrente envers notre adversaire, qui nous pousse à modifier nos comportements sportifs. Il semble donc y avoir un réel effet positif à la compétition saine. Mais quand les heures d’entraînement se multiplient de façon déraisonnable, des conséquences importantes peuvent suivre.


 

En plus de ces effets sur la santé mentale, l’anxiété de performance est associée à des blessures plus fréquentes et un temps de récupération supérieur, qui finalement aura comme effet de diminuer le niveau de performance globale.

 


Mentalement, une sorte de cercle vicieux peut se créer lors de compétitions. En effet, il est possible que l’athlète fasse une évaluation cognitive négative face à la compétition à venir en percevant un déséquilibre entre les demandes situationnelles et ses ressources personnelles, l’amenant à considérer les conséquences d’un potentiel échec dans sa vie. Selon la réaction de l’athlète face à ce déséquilibre perçu, ses réponses cognitives, comportementales et physiologiques s’ensuivront, ayant le potentiel d’influencer les performances sportives ultérieures. Il est aussi démontré que la performance sportive elle-même aura un impact sur toutes les compétitions sportives subséquentes, ainsi que sur les évaluations cognitives ultérieures de l’athlète face à ses ressources. Ce phénomène, c’est l’anxiété de performance et près de la moitié des Canadiens font face à ce cercle vicieux. En plus de ces effets sur la santé mentale, l’anxiété de performance est associée à des blessures plus fréquentes et un temps de récupération supérieur, qui finalement aura comme effet de diminuer le niveau de performance globale.

Bonne nouvelle, il y a un moyen de s'aider! En effet, il a été démontré que les athlètes experts détiennent un niveau d’autorégulation supérieur à leurs homologues non-experts et ce, tant avant, pendant qu’après la compétition sportive. Et quand je dis après, je parle autant des instants suivant la performance que les semaines qui suivent. Comme le corps qui a droit à une période de récupération dans la/les semaine(s) suivant la compétition, le «mental» y a droit aussi. Mais qu’est-ce que j’entends par autorégulation? L’autorégulation, c’est d’être capable d’identifier son état du moment, au niveau de nos pensées, de nos émotions et de nos comportements, pour être en mesure de les contrôler adéquatement. Et pour les blessures? C’est le même principe. Il faut opter pour une attitude de détachement, qui nous permettra une récupération physique et mentale adéquate.

Comme outil de gestion de l’anxiété de performance, voici la méthode «SMART» qui permet de te fixer des objectifs et que j’affectionne particulièrement.

  • Spécifique : un objectif spécifique est particulier soit à un entraînement, une journée, une compétition; bref il n’est relié qu’à une chose.
  • Mesurable : tu vises l’atteinte d’un chiffre en particulier, soit un nombre de buts, une charge à lever, un temps à battre, etc.
  • Atteignable et Réaliste : Tu te remets d’une blessure à la course? S’il te plaît, ne vise pas un marathon dans deux semaines!
  • Et finalement, mesurable dans le Temps : détaille à quel moment tu veux avoir atteint cet objectif, et tu peux même rediviser cet objectif en de plus petits, pour la motivation!

Bon entraînement SMART, cher athlète autorégulé et détaché!


Sarah Beausoleil

Kinésiologue M.Sc. 

Fondatrice du Class-E Entraînement hybride
www.leclass-e.ca

 

À propos de Sarah

Sarah est la fondatrice du Class-E Entraînement hybride. Conjointement à sa formation universitaire au baccalauréat ainsi qu’à la maîtrise en recherche en kinésiologie, elle a acquis plus de quatre ans d’expérience en entraînement privé. C’est ainsi qu’elle s’est rapidement intéressée aux effets bénéfiques, mais mal connus, de l’activité physique sur la santé et l’équilibre mental. Parallèlement au lancement du Class-E, Sarah poursuit une formation doctorale, lui permettant de vous informer sur les plus récentes avancées scientifiques dans le domaine.

www.leclass-e.ca


Crédit photo de couverture : unsplash


Références

Ford JL, Ildefonso K, Jones ML, Arvinen-Barrow M. Sport-related anxiety: current insights. Open access journal of sports medicine. 2017;8:205. Balk YA, Englert C. Recovery self-regulation in sport: Theory, research, and practice. International Journal of Sports Science & Coaching. 2020 Jan 13:1747954119897528. Luiselli JK, Reed DD, editors. Behavioral sport psychology: Evidence-based approaches to performance enhancement. Springer Science & Business Media; 2011 Jul 25.

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