Développer ou abimer son corps par l’entraînement

 


Développer ou abimer son corps par l’entraînement

par Jean-Sébastien Georges

J’ai envie de vous partager une réflexion que j’ai depuis plusieurs années et qui prend de plus en plus de place dans mes choix de vie. Dès un jeune âge, j’ai été exposé à cette question : Comment développer son corps et ne pas l’abîmer par l’entraînement? Mon père étant déjà dans le domaine de l’activité physique et des arts martiaux depuis des années à l’époque, avait lui-même constaté la difficulté de soutenir à long terme une pratique rude, épuisante et ayant un potentiel élevé de blessures.

L’intention ici n’est pas de critiquer, mais d’amener les pratiquants d’arts martiaux et les gens actifs physiquement à se poser les questions suivantes : Leur pratique est-elle viable à long terme? Prend-elle de la valeur avec le temps plutôt que se déprécier? Cela relève d’un choix personnel : bâtir (ou au moins préserver) ou détruire…

Notre corps change avec le temps et notre pratique doit nous remplir de bonne énergie plutôt que de l’en vider. Je dirais plutôt : vider notre trop plein ou notre mauvaise énergie et laisser place à un meilleur équilibre. À une pratique durable plutôt qu’une pratique qui donne des gains rapides, mais qui peut endommager le corps.

Il est dommage de voir des maîtres qui possédaient une forte capacité auparavant, qui maintenant n’arrivent plus à bouger et à démontrer leur enseignement. Il y a toujours une garantie limitée plus ou moins longue pour chaque individu, mais elle arrive souvent trop tôt dans la vie des pratiquants. Qui n’a jamais entendu une personne lui parler de la performance de sa jeunesse, mais qui maintenant ne fait plus rien, car elle n’est plus capable? La vie est longue et belle, vaut mieux pouvoir en profiter!

Beaucoup d’athlètes professionnels doivent prendre leur retraite à peine arrivés dans la trentaine, car, soit ils ne sont plus capables de rivaliser avec les jeunes, soit dû aux blessures. C’est peut-être attrayant, surtout à un jeune âge, mais devons-nous prendre ce chemin?

D’un autre côté, nous avons l’image du vieux maître toujours capable de rivaliser contre les jeunes loups et qui bouge comme un tigre. N’étant pas encore rendu à cet âge vénérable, je ne peux pas affirmer haut et fort que j’y arriverai, mais il faut mettre les chances de notre côté, et ce, le plus tôt possible.

C’est étonnant de voir des gens qui n’ont jamais rien fait comme pratique physique et qui sont dans un bien meilleur état de santé que d’autres qui se sont entraînés fort toute leur vie. N’y a-t-il pas quelque chose à comprendre ou, à tout le moins, sur lequel il y aurait lieu de se questionner?

Prouver qu’on est capable, qu’on n’a pas peur, qu’on n’a pas mal, comme dans un bon vieux classique de Rocky, c’est épatant pour la galerie, mais pas toujours aussi glorieux à l’intérieur de soi. Ça vous dit quelque chose ce sentiment? On doit apprendre à respecter notre corps et à s’y connecter le plus fidèlement possible. Autrement, posons-nous la question : Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle?

Maintenant, comment sortir de sa zone de confort, mais sans abuser son corps? La ligne est mince. Nous avons qu’un corps et nous devons en prendre soin. Un professeur qualifié saura vous guider. Il vous amènera hors de vos limites. C’est son rôle. Il est là pour vous faire grandir. La confiance que vous aurez en lui est l’une des clés du succès. S’il est honnête, il vous fera bénéficier de son expérience acquise, car lui aussi est passé par là. Prudence, le gros bon sens reste toujours de mise! Certains prônent l’attitude d’encaisser, endurer, être un dur à cuire, ne jamais plier, être fier, etc. Est-ce que c’est tout ce que les arts martiaux peuvent nous apporter? Il y a certainement une valeur dans cette philosophie, mais est-ce tout? Est-ce applicable dans notre vie pour naviguer à travers nos défis quotidiens? Il ne serait pas mieux d’être agile, détendu, dynamique, calme et bien tout au plan physique, mental qu’émotif?

Voici quelques questions qui pourraient vous aider dans votre réflexion :

  • Comment est-ce que je me sens après une pratique?
  • Quel est le but de la pratique?
  • Quel est mon temps de récupération?
  • Est-ce que mon niveau va en s’améliorant ou en régressant?
  • Quel est l’âge des pratiquants et est-ce qu’ils arrivent à être performants tout en vieillissant?
  • Quel est la fréquence à laquelle je me blesse?

Bonne pratique ☺

 

Jean-Sébastien Georges
Fondateur de Dojo Évolution
www.dojoevolution.ca

 

 

À propos de Jean-Sébastien

Jean-Sébastien Georges cumule 30 années de pratique, de recherche, d'enseignement, mais le plus important, d'apprentissage en continu des arts martiaux. Il a toujours été attiré par l'activité physique et ce, depuis son tout jeune âge. Il est passionné par tout ce qui touche au mouvement, à l'énergie, à l’entraînement, à la santé et au développement du potentiel humain. Il débute sa pratique des arts martiaux à 7 ans sous la supervision de son père et professeur Claude Georges. Il a participé avec succès à plusieurs compétitions au Canada et aux États-Unis de 1988 à 1999. En 1995, il obtient sa ceinture noire 1er Dan et débute sa carrière d’enseignant junior. Par la suite, il obtient son 2e Dan en 1999, commence à enseigner de façon autonome à l’an 2000 au Centre d'Études des Arts Martiaux/Énergitek et ce jusqu'en 2018. En 2003, il débute des études en kinésiologie à l’Université de Montréal qui lui donneront une meilleure compréhension de la science du mouvement et complète un Bacc en Communications à l’UQAM en 2008. Pendant ses années universitaires, il travaille dans des clubs de nuit où l'expérience acquise sur le terrain en gestion de comportements agressifs/interventions physiques constitue un précieux actif pour son enseignement. Depuis il partage son temps entre sa passion pour les arts martiaux et son travail dans le domaine des ressources humaines. Il a enseigné à des centaines d'élèves de tous âges et clientèles variées : enfants, adolescents et adultes. Il a donné différentes formes de cours : privés, groupes, stages, fins de semaine intensives, autodéfense pour femmes seulement, réhabilitation d’agents de la paix et post-accidents. Au cours de ses années de pratique Jean-Sébastien a exploré plusieurs arts martiaux et méthodes corporelles dont : Énergitek, Karaté Shotokan, Yi Quan, Chi Gong, Tai Chi Chuan, Systema, Xing Yi Quan, Jiu-Jitsu Brésilien, Arts Martiaux Mixtes, Yoga, Movnat, etc. Il se forme constamment auprès des experts et partage le fruit de son travail avec des gens intéressés à le recevoir. En 2018, il complète sa certification d’entraîneur de la méthode Movnat (mouvements naturels) qui l’intéressait depuis plusieurs années. Il fonde finalement Dojo Évolution en 2018 et y enseigne sa méthode synthèse.


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