Pourquoi cibler les milieux de travail pour promouvoir l’activité physique?

 

Près de 80% des adultes sont insuffisamment actifs, c’est-à-dire qu’ils n’atteignent pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé qui sont de 150 minutes d’activité physique d'intensité moyenne à élevée par semaine (WHO, 2010). L’inactivité physique est d’ailleurs considérée comme l’un des plus importants problèmes de santé publique et est reconnue comme l’une des principales causes de mortalité prématurée évitable. Pourtant, nous connaissons bien les bénéfices associés à la pratique régulière d’activité physique : amélioration du système cardiovasculaire, amélioration des fonctions cognitives, diminution du risque de maladies chroniques, etc. La connaissance de ses bénéfices n’est par ailleurs pas garante d’une mise en action.

Afin d’améliorer la proportion des Québécois qui sont actifs physiquement, différentes organisations (gouvernementales ou non) déploient des efforts pour promouvoir l’activité physique. Par exemple, le Gouvernement du Québec a mis sur pied en juin 2019 le programme d'aide financière aux entreprises en matière d'activité physique (PAFEMAP). Le PAFEMAP vise à augmenter le nombre d’initiatives développées par les petites et moyennes entreprises pour encourager la pratique régulière d’activités physiques chez l’ensemble de leur personnel. Bien que de telles initiatives en milieu de travail gagnent en popularité, il est légitime de se poser la question : Pourquoi cibler les milieux de travail pour promouvoir l’activité physique ?

Considérant que le taux d’emploi chez les Québécois âgés entre 15 et 64 ans est de 75% (Québec, 2018), le milieu de travail représente un endroit privilégié pour rejoindre une grande partie de la population. Le milieu de travail devient alors une opportunité pour promouvoir l’activité physique et, par le fait même, améliorer la santé des Québécois. D’ailleurs, le milieu de travail est un déterminant important de la santé, c’est-à-dire qu’il influence la santé de ceux qui l’occupe (Brun, Biron, & St-Hilaire, 2009). En ce sens, les entreprises jouent un rôle clé dans la santé de leurs employés.

Dans plusieurs pays développés comme le Canada, on constate une augmentation du nombre de travailleurs sédentaires, c’est-à-dire qui travaillent en position assise (Proper, Singh, Van Mechelen, & Chinapaw, 2011). En effet, les travailleurs passeraient désormais 11 heures de leur journée à être sédentaires (Tudor-Locke, Leonardi, Johnson, & Katzmarzyk, 2011). De plus, pour plusieurs adultes, la vie professionnelle s’accompagne d’une diminution du temps consacré à l’activité physique (Straker & Mathiassen, 2009). Sachant cela, on devrait alors se poser la question à savoir si les milieux de travail ne nuiraient pas à la santé des employés…

Pour les organisations, pouvoir compter sur des employés en bonne santé physique et psychologique représente un avantage appréciable et ce, tant sur le plan humain que sur le plan financier (Kino-Québec, 2019). Le milieu de travail s’avère alors être un endroit privilégié pour promouvoir l’activité physique, puisqu’autant les employés que les organisations profitent des bénéfices associés à l’activité physique. Bref, en plus d’être un choix idéal pour rejoindre le plus d’adultes possible, les organisations peuvent représenter un milieu de vie propice à l’adoption de saines habitudes de vie, telles que la pratique régulière d’activité physique.

Au cours de mes prochains articles, je discuterai d’ailleurs des bénéfices qu’offre l’activité physique pour les organisations et pour les employés, en plus d’expliquer comment il est possible d’intégrer de l’activité physique durant son temps de travail. Oui vous avez bien lu, intégrer de l’activité physique PENDANT qu’on travaille. ☺ Pouvoir faire une activité physique tout en étant productif représente une façon d’optimiser sa santé et son temps !

 

Valérie Hervieux
MSc, candidate au doctorat en management
https://www.promouvoirlasante.com/

 


Références

Brun, J.-P., Biron, C., & St-Hilaire, F. (2009). Guide pour une démarche stratégique de prévention des problèmes de santé psychologique au travail [Guide for a strategic approach for prevention of mental health problems at work]. (RG-618). Montreal Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Kino-Québec, C. s. d. (2019). L’activité physique au travail : des bienfaits pour tous / Savoir et agir. Québec: Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Direction du sport, du loisir et de l’activité physique

Proper, K. I., Singh, A. S., Van Mechelen, W., & Chinapaw, M. J. (2011). Sedentary behaviors and health outcomes among adults: a systematic review of prospective studies. American Journal of Preventive Medicine, 40(2), 174-182.

Québec, I. d. l. s. d. (2018). État du marché du travail au Québec : bilan de l’année.

Straker, L., & Mathiassen, S. E. (2009). Increased physical work loads in modern work–a necessity for better health and performance? Ergonomics, 52(10), 1215-1225.

Tudor-Locke, C., Leonardi, C., Johnson, W. D., & Katzmarzyk, P. T. (2011). Time spent in physical activity and sedentary behaviors on the working day: the American time use survey. JOURNAL OF OCCUPATIONAL AND ENVIRONMENTAL MEDICINE, 53(12), 1382-1387.

WHO. (2010). Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé.

Close

50% de complété

Abonnement gratuit

Quand tu auras cliqué sur 'S'abonner', tu recevras un courriel grâce auquel tu pourras récupérer ton magazine.